Accéder au contenu principal

Taïwan, l'une des plus belles provinces chinoises 


C'est à partir des dynasties Song (960-1279) et Yuan (1279-1368) que les  gouvernements impériaux de Chine commencent à exercer leur juridiction sur l'archipel de Penghu et sur l'île de Taïwan, alors connue sous le nom de Liuqiu.  En 1542, des marins portugais investissent l’île et la surnomment Formose, ''l’île magnifique''. Un siècle plus tard, les Hollandais qui souhaitent commercer avec la Chine fondent la première colonie en 1624. Avec l'aide d'une main-d’œuvre venue de Chine, ils produisent de la soie, de la porcelaine, du sucre et  du riz ...  jusqu'en 1662, date à laquelle le général chinois, Zheng Chenggong, défait les colonisateurs néerlandais et reprend Formose, tout en restant fidèle aux Ming. En 1885, sous la dynastie Qing, Formose, devient province chinoise sous le nom de territoire de Taïwan.

En 1895,  à la suite de la défaite de la Chine face aux Japonais,  la dynastie des Qing quitte Taïwan. Malgré la résistance armée des Aborigènes durant les 2 premières décennies de la colonisation, le Japon, va poser les bases du  développement économique, agricole, éducatif et industriel de l’île tout en modernisant le réseau ferré et les systèmes  d'assainissements. Mais c'est aussi le Japon qui, dès 1923, va décider de s'approprier les ressources de la Mandchourie,  puis d'établir un  contrôle sur le continent chinois, un plan qui sera finalement exécuté à partir du 18 septembre 1931 et fera  plus de 20 millions de morts.

Lors de l'invasion japonaise à Shanghai, en août 1937, les frères ennemis, PCC et Kuomintang, se retrouvent côte à côte, parfois dans la même famille, pour lutter contre l'envahisseur et ses monstrueux massacres,  dont ceux de Nankin.  Le 2 septembre 1945, le Japon signe l'acte officiel de capitulation. Le 3 septembre, la Chine fête le jour de la Victoire. Le Kuomintang, aidé par les Américains, gagne la course au désarmement des troupes japonaises et représente alors, de fait, le gouvernement légitime chinois. Mais, peu de temps après, l'Armée de libération du Parti communiste chinois de Mao Zedong, fort du soutien populaire, l'emporte malgré tout sur le Kuomintang et proclame la République Populaire de Chine le 1er octobre 1949. Le vaincu se réfugie à Taïwan, s'y proclamant ''seul gouvernement légitime chinois''. Cette prise de position politique n'a, de facto, pas modifié l’intégrité territoriale de la Chine. Il n'était pas question d'indépendance.

Lors de sa 26ème session, en octobre 1971, 183 pays sur 193 états membres des Nations Unies, adoptent la résolution 2758 qui considère Taiwan, comme une province de Chine, sans statut distinct, déboutant les autorités de Taipei dans leur volonté de bénéficier d’une quelconque forme de statut gouvernemental.

Ainsi, le principe d’une seule Chine, reconnue alors par les Etats-Unis, ouvre naturellement la voie sur l'évidente appartenance de cette province  à la Chine  qui  considère ce fait comme une reconnaissance de son Histoire millénaire et une affirmation de son intégrité territoriale sur fond récent de guerres et d'humiliations. Il s'agit, en outre, pour Pékin d'une province existentielle  constituant à la fois un enjeu géostratégique face à 8 bases américaines, un nœud techno-industriel et un verrou géographique qui permet de peser sur les flux maritimes, les couloirs sous-marins et la liberté d’action des forces aéronavales chinoises. 

 

Cette revendication légitime, est aujourd'hui curieusement contrecarrée par les Etats-Unis dont la volonté de conquête énergétique ou géostratégique, ne se limite pas à Cuba, au Mexique, au Panama, au Groenland, au Canada ou au Venezuela mais, sans gène aucune, souhaite imposer sa domination à l'Europe, à la Russie, à la Chine, et maintenant à l'Iran, au risque de gravement et durablement déstabiliser le monde. Ce ''deux poids, deux mesures'', la négation du droit international et l'extraterritorialité du droit du plus fort,  décrédibilisent l'Occident Collectif et ne donnent pas le meilleur exemple aux pays du Sud Global, aux BRICS et aux  Pays de l'ASEAN qui, peu à peu,  de leur côté,  s'organisent en conséquence.

 

Plutôt que de vouloir perpétuer une hégémonie condamnée par le nombre ( les 8/10ème de l'humanité ),  pourquoi ne pas s'ouvrir à la naissance d'un monde westphalien, un monde  d'équilibre, d'égalité souveraine, de paix et de prospérité, ''un monde où il n'est de richesse que d'hommes''  écrivait Jean Bodin  et  ''un monde qui vaut la peine qu'on se batte pour lui'' confirmait Hemingway.

 

Henri MATHIAN